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| Auteur | Message |
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corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: ë Ven 31 Aoû - 12:43 | |
| L'éducation est un élément de base pour offrir à l'Homme les moyens de construire cette harmonie. Elle façonne le comportement de ceux qui la professent, oriente l'attitude de ceux qui la recoivent et dessine, ainsi, une société et ses régles. Source d'un conflit entre nos héros - Marie enferme dans des certitudes, Bruno met à disposition des matériaux et un mode d'emploi - l'éducation constitue néanmoins, pour Chloë et Bruno, un point d'ancrage. Elle ouvre un dialogue, un espace d'enrichissement par la confrontation de deux cultures ; elle est, aussi, un impératif dicté par le caractére inéluctable de leur Passion. Cet amour a chamboulé le cours programmé du chemin de Justin, ce qui leur impose un devoir de réussite qui passe par le dessin d'un axe de vie. Cette obligation majeure se heurte, malheureusement, aux conditions du dehors, notamment aux fils d'artificiel et d'imperieux que tisse une période décadente. Une notion, devenue unique, d'égalitarisme primaire - antithése de l'égalité de moyens et de devoirs - a conduit, entre autre, au concept d'enfant Roi ; lequel principe est impossible à maîtriser puisque les enfants n'ont pas encore la consistance qui leur permettrait d'avoir des limites. Cette inconsistance, et l'impossibilité de modeler qu'impose le concept du " ça me plaît, j'ai droit, t'es pas moderne ", ont épuisé les Parents qui - culpabilisés et désarmés - ont renoncé à leur rôle et laissent, dorénavant, leurs progénitures errés dans la vie. Noyés dans le présent, sans repéres pour se construire un avenir, ne respectant plus l'inconvenance d'une éducation mise en place par un état insensé, ceux-ci se sont réfugiés dans un univers de virtuel ; l'univers des échanges sans substrat, l'univers de la communication, l'univers de la facilité apparente.
Mais ce monde est au main d'une médiacratie, assoiffée de bien vivre et dépourvue de conscience. Elle façonne, pour satisfaire ses besoins, un outil qui plonge la jeunesse dans l'infini d'une descente aux enfers. Outil de communication, objet du présent et même de l'instantané, il met toutes les informations sur le même plan, ôtant ainsi toute échelle de valeur. Outil de standardisation et de banalisation, il n'offre aucune perpective s'interdisant du même coup un rôle dans l'éducation, surtout dans la transmission de valeurs imposant un temps de réflexion. Outil de consommation, source de leurre et de paraître, il fournit à profusion des notions centrées sur l'argent, l'envie, le virtuel, le vite acquis, le déshonneur et l'inutilité de l'effort. Outil de diffusion, sa perversion réduit les hommes en temps de cerveau disponible, en robots déshumanisés, assoiffés de besoins induits et dépourvus d'idéaux. Cet outil dangereux a, enfin, un effet hypnotique qui rend difficile une prise de conscience et un aspect permissif qui supprime tous les interdits. Le monde de la communication pousse, ainsi, à une déstructuration redoutable pour l'avenir. Il se présentait pourtant sous les meilleures hospices en ayant à sa disposition une magnifique invention et les moyens d'ouvrir sur les autres, sur la vie mais il s'est perdu dans le non sens du " comme ça " ...
Dernière édition par corillion jean claude le Jeu 28 Fév - 20:03, édité 61 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Ven 31 Aoû - 15:52 | |
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Dernière édition par le Dim 23 Sep - 11:38, édité 1 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Sam 1 Sep - 13:40 | |
| Le temps de l'analyse par rapports aux flux du quotidien est, à cet instant du roman, devenu un temps incontournable. Le principe de précaution, fruit de la pensée des temps présents, a réduit - peut être fait disparaître - la réflexion, sans doute pour permettre une course vers le rien encore plus folle mais il est beaucoup trop réducteur pour accéder à la Belle Vie. Cet art de vivre, que Chloë a fait entrevoir à Bruno, est l'antithése d'un monde irréfléchi et impulsif. Un retour au bon sens permet d'acquérir des têtes ouvertes à la relativisation, à la prise en compte des diversités ; l'observation des autres, du monde grandit l'Homme et apporte des valeurs indispensables au bien vivre en société. L'isolement, la difficulté à se faire entendre dans la démesure des conceptions actuelles - imposées par un roi Média qui rend idiot et une aristocratie de pouvoir à bout de souffle - rend illusoire, peut être inadaptée, la croisade ouverte par cette chronique. Et pourtant ... le virtuel, qui régne aujourd'hui, paraît source de bien des sur places, de bien des errances, de beaucoup de miséres mais cette situation - qui se rencontre dans tous les faits de la vie, dans toute les circonstances - n'interpelle que les extra-terrestres.
L'involution du monde psychiatrique, secteur symbolique par excellence, est une caricature des méfaits de l'artificiel, du superficiel. Des hommes - Freud, Lacan, d'autres encore - lui avaient donné des lettres de noblesse en même temps qu'une crédibilité. Sous l'effet du principe d'égalitarisme primaire, ce monde s'est vulgarisé sans précaution au point de devenir une marchandise de large consommation, livrée sans recul, sans respect et en toute démesure. Il est devenu dangereux, au moins inefficace où - pour être plus authentique car l'efficacité n'a sans doute jamais été son but - sans aucun sens. Les cellules psychologiques d'urgence, multipliées par les médias, en sont une illustration. Elles sont à la psychiatrie ce que l'oeuf est à la poche du kangourou, elles ont la même vocation mais n'ont aucun point de similitude. Aussi symbolique, mais plus grave au niveau des conséquences sur le quotidien, est la virtualité du monde politique. Par cynisme d'ambition, du fait aussi d'un septicisme fondamental sur leur possibilités d'action, les politiciens répondent par des promesses aux souhaits et ne cherchent pas de solutions aux problèmes ; au mieux ils s'attaquent aux conséquences observées en négligeant les causes. L'art de gouverner s'est inversé, il était de choisir, il est devenu de ne pas choisir. D'une part le non choix a un coup formidable et une inefficacité exceptionnelle, d'autre part il impose de "faire croire que" ce qui renforce les besoins de communiquer et, par voie de conséquence, conforte la funeste médiacratie. Cet art de la communication - parfaitement résumé par Attali, " faire taire, faire croire et faire oublier " - est un immense outil de démobilisation. Construire du vide avec du vide, en espérant aboutir à du concret et du bonheur, est une conception aussi stupide qu'erronée, d'autant plus dangereuse pour l'équilibre du pays que son unité - depuis la monarchie - repose sur une soumission à l'autorité centrale, elle-même trouvant sa légitimité sur le fait que chacun y trouve son compte. Lorsque l'état sera en faillite, lorsque l'incapacité d'action - des sphéres qui soumettent - sera criante, frustration, infidelité et révolte seront au rendez-vous, comme en 1789.
Ces constats annoncent un futur agité, un souffle du dehors défavorable au vol de leur engin. Ils renforcent des vents locaux cinglants qui ont fouetté leur navire, perturbé son envol et laissé des points de fragilité sur la coque. Il est peu de dire que leur chemin est difficile ...
Dernière édition par corillion jean claude le Ven 29 Fév - 12:10, édité 64 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Sam 1 Sep - 16:34 | |
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|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Dim 2 Sep - 14:29 | |
| Un terrorisme local, un terrorisme du journalier, a - en effet - laissé des traces sur la destinée de Bruno et, par la suite, sur les infrastructures du navire qu'il construit en compagnie de Chloë. A un moment, sans doute persuadé que ses coups avaient touché le coeur de leur monde, ce fanatisme a lancé une offensive qui se destinait à être finale. Des incorruptibles de l'immoralité ont, ainsi, projeté un, puis deux, puis trois missiles dans leur direction. Les deux premiers se sont perdus, l'un dans la banalité d'un référé reposant sur les frasques d'une querelle conjugale étalée sur la voie publique, l'autre dans l'incohérence d'une attitude suicidaire d'appel mais le troisiéme, téléguidé par cet artificier nommé Toto, les a ébranlé. Il avait été baptisé Davina, était armé par la puissance d'une connotation sexuelle et structuré par l'absence de moralité d'un " Monsieur Bien ". Touché, mais pas coulé, leur navire est resté un mois à quai avant de repartir vers sa destinée. Bruno et son vaisseau ont gardé, de cet épisode, des traces indélébiles, des rayures d'amertume et d'injustice mais également une profonde volonté d'atteindre la Belle Vie. Les viccisitudes, les turpitudes plongent dans une révolte réductrice ; il s'agit, là, de leur méfait le plus pernicieux. Nos héros ont contourné cet obstacle en analysant les raisons d'un sectarisme si intransigeant. Plongé dans un univers obscurci par un avenir monocorde, Toto développe - sans doute - une frustration qui lui fait perdre mesure et respect. Un goût de l'ordre, la nécessité d'un environnement soumis, le sentiment d'une reconnaissance insuffisante mais - sans doute aussi - la présence d'un rayonnement trop faible pour faire mûrir des aspirations, exacerbent ses sentiments et lui font perdre toute nuance dans son ressentie. Ainsi analysé, ce sectarisme conduit plus volontiers à la clémence, au mépris qu'à la guerre.
Le destin a dicté une rencontre, quelquechose a allumé un feu, ces circonstances devraient leur imposer de respecter et magnifier cette Passion en poursuivant leur chemin, malgré les obstacles et en dépit de cette haine farouche. Beaucoup d'amour, de la patience, une volonté inebranlable et la richesse d'un milieu magique limitent leurs interrogations en renforcant leur capacité à aimer et à partager. Ils scellent la richesse de leur devenir par une promenade dans la propriété et s'engagent sur une voie que la nature leur a ouvert. Il y a quelque temps, une tempête a bousculé des arbres centenaires et marqué ses griffes dans le paysage. Les billes enlevées, vite parce que c'est " comme ça ", il restait des plaies. Pendant quelques années, ils ont hésité, impuissant devant l'importance des dégâts, impatient devant le potentiel qu'ils offraient. Puis, en respectant les dessins ébauchés, en leur donnant place dans le cadre, des petits chemins sont apparus. Ils virevoltent au milieu des buissons, sautent d'une souche à l'autre, évitent les hêtres et les houx. Les rhododendrons, déjà en bouton, indiquent - par le givre de leurs feuilles - la marche à suivre dans le parc peut être, aussi, dans leur existence. Ce cadre est une condition essentielle à la survie de l'épopée inspirée par leur Passion. Source de lassitude, d'un certain désarroi parfois, elle est - également - un espace somptueux, un lieu d'émerveillement qui prend tout son relief dans la richesse d'un dialogue.
Dernière édition par corillion jean claude le Ven 29 Fév - 12:27, édité 25 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Dim 2 Sep - 15:02 | |
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|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Credo de Bruno Mar 4 Sep - 11:20 | |
| Dans l'intime de Bruno, deux axes de vie étaient ébauchés depuis trés longtemps. Sa rencontre avec Chloë leur a donné consistance et reconnaissance, au point de les imposer comme des fondamentaux. Il les chantent, inlassablement, à sa bien aîmée ; ce jour, sous l'ombre d'un hêtre centenaire.
" Etre libre et atteindre le "pourquoi vivre" en faisant appel à l'esprit, mais aussi être responsable et répondre au "comment vivre" en s'appuyant sur l'intelligence sont mes vérités. Tu les a fortifiées et - surtout - fusionnées, transformant ma condition d'être vivant en celle d'Homme ". La réponse de Marie ne tarde pas, aussi vive que convaincue. " Ta recherche permanente d'un sens, du sens de notre existence ; ton rejet des modalités actuelles de vie sont deux attitudes qui m'exaspérent. Tu répétes continuellement la même chose mais tu n'imagines pas à quel point tu me fatigues. Ton insistance me fait apprécier la perspicacité d'une remarque de Léon Blum mais m'interroge aussi sur son sens profond, " toujours se redire pour ne pas avoir à se dédire ". Je t'en prie soit simple, moins complexe ; la vie est facile lorsqu'elle ne prend en compte que le rationnel. Je ne veux pas concevoir que le " comme ça " transforme les hommes en chapons destinés à l'engraissement et aux plaisirs de quelques uns ". " Je l'espére moi aussi, affirme Chloë, mais je me demande malgré tout si, emasculé de la liberté de reflexion et du goût de l'effort, l'homme - comme les chapons - ne courent pas vers un avenir brûlant. Je ne sais pas, je ne sais plus car Bruno me fait douter de mes certitudes, de mes vérités. Il me reste un fait essentiel, un bonheur, une révélation, j'ai croisé la Passion ". " Cette déclaration m'émerveille et renforce l'intensité de mes découvertes !". Plus Dom Quichotte que jamais, Bruno s'imagine rempart protégant cette Passion ; soldat détournant le cours d'un troupeau assoiffé de brillant et de pacotilles ; gendarme éloignant les "Panurges" irresponsables qui poussent à la mer ...
Le petit gars, las du chant de ces extraterrestres, monte sur sa bicyclette et dévale - tête baissée et jambes tendues - la route qui raméne au chaud. Chloë et Bruno, avec moins d'état d'âme, moins de questions, se tournent vers la maison, plongent dans le matériel, échafaudent des projets, structurent leur besoin de consommer en l'adaptant à leur plaisir et en limitant les pulsions induites. Dans l'intimité d'une cuisine évoquant un sous marin, un sourire aux lévres, Bruno rejoint Chloë affairée à préparer le dîner. Il est heureux - la découverte de la Passion l'ayant projeté dans le vrai - mais, aussi, aux abois car un conditionnement - qui banalise et remet toujours tout en question - l'interpelle. Cependant, il sent leur Amour tellement puissant, tellement fort, tellement haut qu'il ne l'imagine pas mis à mal par le quotidien. La fusion du pourquoi et du comment, qui éléve vers l'éternité des "Roméo et Juliette", " Paul et Virginie ", peut être aussi "Alfred et Georges", ne peut pas, ne doit pas fournir un magmat informe perdu dans la banalité du commun.
Dernière édition par corillion jean claude le Ven 29 Fév - 12:33, édité 29 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Mar 4 Sep - 11:34 | |
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|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Mar 4 Sep - 19:53 | |
| L'erreur est inhérente à la nature humaine mais est-ce, pour autant, que l'Amour - essence de l'Homme - soit source d'erreur ? Cette question se pose lorsque le vrai et un parler vrai sont à l'ordre du jour. Son aspect spontané, fougueux, dévorant plaide en faveur d'un potentiel de fausse route ou de méconnaissance ; cependant sa transcendance, ses vérités éternelles, le fait qu'il transpire de la nuit des temps l'imposent comme une vérité universelle qui puise sa source au-delà du visible. Son aspect magique, merveilleux, mystérieux lui donne une énergie suffisante pour vaincre les faits, le concret apparent, maintenir - au fin des fins - le cap et rester dans le vrai.
Cependant, lors de cas extrêmes, la Passion peut croiser le doute et s'en trouver bouleverser. Ainsi, lorsque le présent les a mis en face des vérités de leur passé, Chloë et Bruno ont hésité, se sont confrontés, ont cherché des voies contournées mais, finalement, ont assumé leur destinée et, par la même, l'ont renforcée. A cette époque, une attitude, un monde, des logiques antinomiques, se sont présentés devant eux. Ils ont protégés le souffle encore fragile, mais qu'ils imaginent éternel, de leur Amour en demandant à des fleurs et un chéque de répondre à un appel téléphonique. Ainsi des pleurs mais aussi l'épanouissement d'une vérité ont accompagné de loin une cérémonie. Décision délicate qui a vu le pourquoi s'imposer avec difficulté au comment, mais décision fondamentale pour libérer l'énergie nécessaire à la propulsion de leur navire.
Dernière édition par corillion jean claude le Ven 29 Fév - 12:38, édité 16 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Mer 5 Sep - 8:23 | |
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|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Mer 5 Sep - 8:38 | |
| Perdus dans des régles inadaptées à leurs aspirations, fragilisés du dedans par les souffles antagonistes de Chloë et Marie, ballotés du dehors par l'irrespect de Toto, leur vaisseau poursuit cependant - dans l'intensité d'une certitude - leur chemin difficile, guidée par la luminosité d'une étoile située aprés l'au-delà, prés du destin ou des Dieux.
A travers le hublot de leur engin, Bruno et Chloë observent le monde avec un sentiment étrange. L'inconnu les angoisse, l'aventure les stimule, le magique les enthousiasme, ce qu'ils constatent conforte leur démarche. Ils voient une masse sombre dessinant un fleuve compact, dense, s'étalant à pleine vitesse - au hasard des obstacles et des pulsions - dans un espace désolemment plat. Une observation plus attentive de cette masse fuyante montre qu'elle est constituée d'une multitude de points, tous identiques et surmontés d'un "écran plat". Sur celui-ci apparaissent, en permanence, des "Monsieur Bien", bien vêtus, bien repus, bien heureux qui expliquent - avec conviction - que plus de bonne volonté, plus d'abnégation et plus de consommation impulsive permettent à cette multitude de points de courir encore plus vite vers nulle part. "Te rappelles-tu comment nous vivions au sein de ce monde sourd et aveugle avec son virtuel, ses trompe l'oeil, son artificiel et ses mensonges. Quel bonheur d'avoir croisé ta route ; tu m'as confirmée d'autres valeurs et permis d'imaginer un art de vivre. " Cette aparthée a-t-elle pour but de rassurer Bruno, de donner un repos à sa conscience ? Les yeux pleins de certitudes, le sourire de sérénité de notre héros démontrent, au contraire, qu'il approche le sens de son existence et la vérité de sa vie. " Pourtant ce pays est beau ; les fruits poussent à profusion, l'herbe aussi, l'eau arrive de partout. Nous disposons de tout pour être heureux " ajoute Marie, qui cependant confesse que la voix de Chloë - emprisonnée dans son intime - répéte sans cesse, " passes au-delà de l'apparent d'une certitude, Marie ; offres ton chemin au destin plus qu'à un conditionnement ; tes repéres manquent de puissance pour éclairer l'immensité de l'univers. Tu vas t'essouffler, te perdre sur cette route monotone et passer à côté de la vie ; nous ne sommes pas sur terre pour remplir - l'espace d'un instant - des lieux mais pour profiter des possibilités qu'ils offrent. Le destin ou les dieux n'ont pas mis en place ce merveilleux pour le limiter aux certitudes d'une culture, quelquesoit ses valeurs ".
Dans le bien être d'une soudaine et tardive sérénité, Chloë - écartant gentiment mais fermement sa soeur jumelle - émet un souhait. " J'aimerais être une Amalthée offrant ma corne aux générations futures et je ne galvauderai plus mon lait des Dieux en courant par monts et par vaux. Un monde de Bonheur nous attend, un monde où le bon sens permettra de transmettre aux générations futures les richesses humaines ". Ainsi, leur vol continue, le moteur libére son énergie et leur engin suit sa trajectoire vers l'inacessible étoile. Au terme de leur voyage, aprés la découverte des preuves qu'un rêve de l'impossible peut avoir vocation à devenir un possible du quotidien, ils viendront proclamer que le Petit Prince est vivant, qu'il existe - comme dit son Papa - " une vie de l'esprit plus haute que la vie de l'intelligence ". Ils iront plus loin encore dans leur révélation en expliquant que la fusion des deux niveaux de l'univers humain - le Pourquoi vivre et le Comment vivre, l'esprit et l'intelligence - est indispensable pour l'avénement d'une Belle Vie. Un simple croisement au niveau d'une glande pinéale - comme le propose Descartes - n'offre pas la puissance nécessaire pour atteindre ce joli monde. Il réclame un mécanisme beaucoup plus transcendental, encore inconnu, pour produire une authentique fusion. Si les circonstances qui aménent cette convergence intime restent du domaine des hypothéses, le lieu de ce miracle est - par contre - connu depuis fort longtemps. N'est-ce pas Spinoza qui proposait le cerveau comme entité du corps et de l'esprit, comme lieu de réunion du matériel et de l'immatériel ?
Ainsi, ce journal , ouvert par la révélation d'un épanouissement amoureux, construit sur une volonté d'assumer et un besoin de liberté, conduit à des vérités fondamentales et offre les repéres inconscients qui balisent une vie, peut être - simplement - la vie. Il trace un chemin vers la Belle Vie en individualisant, dans l'environnement humain, trois morales, une morale individuelle imposée par le " comment vivre ", une morale d'état qui masque les effets pervers de la logique d'état et une morale de l'absolu née du " pourquoi vivre ". Elles ne sont pas éloignées des trois morales de Bakounine et sont à l'origine de bien des conflits. La recette d'un art de vivre passe, néanmoins, par leur imbrication.
CHAPITRE IV
Dernière édition par corillion jean claude le Ven 29 Fév - 12:45, édité 48 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Mer 5 Sep - 12:48 | |
| Les yeux pleins de certitudes et le sourire de sérénité de notre héros paraîssent démontrer que Bruno approche le sens de son existence en écoutant Chloë. " Passes au-delà de l'apparent d'une vérité Marie ; donnes ton chemin au destin plus qu'à un conditionnement. Tes repéres manquent de puissance pour éclairer l'immensité de l'univers. Tu vas t'essouffler Marie, te perdre sur une route monotone et passer à côté de la vie. Nous ne sommes pas sur terre pour remplir - l'espace d'un instant - des lieux mais pour profiter des possibilités qu'ils offrent. Le destin ou les Dieux n'ont pas mis en place un merveilleux pour que nous le réduisions aux limites d'une culture, fut-elle porteuse de valeurs ".
Un vent de bonheur envahit, à cet instant, Bruno. Les remarques de Chloë paraîssent si riches de Belle Vie que son rêve semble à porter de main. Mais, par un regard à travers le hublot de leur navette, il fait une découverte qui l'intrigue, puis l'inquiéte. Un objet bien identifié vole vers eux ; il a le nez orienté vers l'univers que nos héros tentent de quitter et pointe - avec ses projecteurs - le conservatisme d'une soumission cachée derriere une petite maisonnette. Un arrimage brutal réveille Marie et la plonge, rayonnante, dans le confort de la prédestination qui s'échappe de l'engin désormais uni au leur. Elle s'empare du bras de sa soeur jumelle et lance " Regardes comme notre monde est beau Chloë ; c'est un nid où tout est conçu pour notre bonheur, c'est un pic plongé dans le présent, c'est un roc qui protége de l'avenir. Il est si grand, cet univers, que nous n'aurons pas assez de la vie pour en faire le tour ; plus tard, nous réciterons notre vieillesse sans même avoir eu la peine d'inventer une jeunesse. Viens Chloë, n'essayes pas de jouer à demain, suis un présent riche des certitudes du passé et des virtualités du moment ". Avec, peut être la sérénité d'un choix, peut être la soumission d'un conditionnement, Chloë monte dans l'appareil et se tourne vers les délices d'un destin programmé ... Ainsi ce journal, ouvert par la révélation d'un épanouissement amoureux, construit sur une volonté d'assumer et un besoin de liberté, se termine par une remise en question des repéres inconscients qui balisent la Belle Vie. Il souléve deux questions, l'homme est-il condamné à s'écraser sur le mur des vérités apparentes et des préjugés ; la Belle Vie n'est-elle qu'un art de vivre condamné à rester une utopie ?
Ce roman d'Amour et ses deux fins symbolisent l'aléatoire de la vie, témoignent de l'étroitesse de la marge qui sépare magique et tragique. Ils souléveront, chez le lecteur, des questions, peut être des thémes de reflexion sur un art de vivre, certainement la richesse d'un doute.
FIN
Dernière édition par corillion jean claude le Ven 29 Fév - 13:21, édité 30 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Mer 12 Sep - 10:50 | |
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Dernière édition par le Mer 31 Oct - 9:43, édité 4 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Ven 5 Oct - 12:02 | |
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Dernière édition par le Mer 31 Oct - 10:13, édité 1 fois |
|  | | corillion jean claude Admin
Nombre de messages: 299 Date d'inscription: 30/10/2006
 | Sujet: Re: TOME I Jeu 18 Oct - 12:31 | |
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